La modification des règles de majorité et de répartition des droits de vote, après que la nue-propriété des actions a fait l’objet d’une donation, ne constitue pas une fraude à l’irrévocabilité des donations. Elle ne constitue pas non plus un abus de majorité, le donataire n’ayant pas démontré l’atteinte à l’intérêt social qui résulterait de ces délibérations sociales.
Ces solutions apportent d’utiles éléments de réflexion sur les limites de l’exercice du droit de vote par l’usufruitier.
Cass. com., 7 mai 2019, no 17-14438, ECLI:FR:CCASS:2019:CO00418, F–D
Extrait :
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Bordeaux, 10 janvier 2017), que dans le but d’assurer la transmission à leurs enfants de leur patrimoine, A. J. et son épouse Mme P. K., (Mme J.) ont procédé en 1992 à une restructuration de celui-ci ; qu’à cet effet, a notamment été créée, le 4 mars 1992, une société holding, la société J., prenant la forme d’une société à responsabilité limitée ; qu’aux termes d’une donation-partage du 15 mai 1992, A. J. et Mme J. ont, notamment, transféré la nue-propriété de trois cent huit parts de cette société, dont ils se sont réservé l’usufruit, à leurs filles, à hauteur de 236 parts pour Mme Y. O., et de 24 parts pour chacune de ses 3 sœurs, Mmes N. Z., X. et R. ; que par