Vingt ans après son adoption, la loi de sauvegarde des entreprises a profondément transformé notre approche de l’échec entrepreneurial. Née d’une ambition radicale, « transformer l’échec en rebond », cette réforme a marqué une rupture avec la logique répressive de la faillite, en plaçant la prévention, la souplesse et la protection des emplois au cœur du droit des entreprises en difficulté. Pourtant, malgré des succès indéniables, des défis persistent : accès inégal pour les TPE-PME, coûts et délais excessifs, complexité croissante des procédures. À l’heure où l’Europe pousse à l’harmonisation et où l’intelligence artificielle promet de révolutionner la détection des fragilités, ce colloque a été l’occasion de dresser un bilan lucide et de tracer des pistes pour un droit plus efficace, plus juste… et plus humain. Car, comme le rappelle Vincent Vigneau, président de la chambre commerciale de la Cour de cassation, « une loi, si ambitieuse soit-elle, ne vaut que par ceux qui l’appliquent ».
NDA – La forme orale de l’intervention a été conservée.
Un texte né d’une ambition radicale
Monsieur le premier président, Madame la procureure générale, Mesdames et Messieurs les professeurs, les avocats, les administrateurs et mandataires judiciaires,
Chers collègues, chers amis,
Il me revient l’honneur de clore ce colloque consacré aux vingt ans de la