Le Conseil d’État retient dans sa décision Commune de Grande-Synthe une lecture moderne de l’intérêt à agir et permet l’invocation, dans le cadre du recours pour excès de pouvoir, d’une convention dépourvue d’effet direct pour interpréter des dispositions nationales à la lumière des objectifs qu’elle fixe. Associée à la décision Les Amis de la Terre France, cette décision illustre aussi la manière dont le Conseil d’État fait usage des mécanismes juridictionnels à sa disposition pour engager un dialogue processuel renforcé avec le pouvoir exécutif en matière environnementale.
CE, 19 nov. 2020, no 427301
Extrait :
Le Conseil :
(…)
Considérant ce qui suit :
1. Par trois courriers du 19 novembre 2018, la commune de Grande-Synthe, représentée par son maire en exercice, M. A., agissant également en son nom personnel en sa qualité de maire et de citoyen, a demandé respectivement au président de la République, au Premier ministre et au ministre d’État, ministre de la Transition Écologique et Solidaire, d’une part, de prendre toute mesure utile permettant d’infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre produites sur le territoire national de manière à respecter les obligations consenties par la France voire à aller au-delà, d’autre part, de prendre toutes dispositions d’initiatives législative ou réglementaire pour « rendre