Pour apprécier si le délai pris par l’autorité de police sanitaire pour retirer les prothèses mammaires de la marque PIP du marché constituait une carence fautive de nature à engager la responsabilité administrative de l’État, le Conseil d’État se fonde sur le rôle et les moyens de cette autorité. En écartant la responsabilité de l’État dans une telle affaire, il nous fournit une solution réaliste et rappelle à cette occasion la particularité du cadre juridique des dispositifs médicaux.
CE, 16 nov. 2020, no 437600
Extrait :
Le Conseil :
(…)
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme F. s’est fait poser, le 30 novembre 2009, au centre hospitalier régional universitaire de Besançon, dans le cadre d’une reconstruction mammaire, des implants fabriqués par la société Poly Implant Prothèse (PIP). À la suite d’une inspection dans les locaux de la société, qui a montré que celle-ci commercialisait des implants mammaires remplis d’un gel de silicone différent de celui indiqué dans le dossier de conception ayant fait l’objet d’une évaluation, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) a décidé le 29 mars 2010, sur le fondement de l’article L. 5312-1 du Code de la santé publique, de suspendre la mise sur le marché, la distribution,