Cet article a été publié dans le cadre du dossier « - Le préjudice sexuel - » de la Gazette du Palais.
La sexualité des personnes handicapées est encore relativement taboue. C’est pourquoi le sujet sensible de l’accompagnement sexuel des personnes handicapées fait polémique. Entre engagement humaniste et marchandisation du corps humain, voici quelques réflexions à deux voix autour de la légalisation de l’assistant sexuel.
I – Le point de vue du juriste
La vie affective et sexuelle des personnes qui, de naissance ou à la suite d’un traumatisme, sont en situation de handicap, a longtemps été un sujet tabou tant il relève de la sphère de l’intime. Si aujourd’hui le préjudice sexuel est reconnu et indemnisé distinctement du préjudice d’établissement et du préjudice d’agrément, il reste encore beaucoup à faire pour que le handicap ne soit plus un frein à une vie sexuelle épanouie.
À l’heure où les projets de réforme de la responsabilité civile évoquent la mise en place d’une réparation en nature des préjudices subis, la question du « besoin en tierce personne sexuelle » se pose.
Si les politiques sociales et sanitaires françaises évitent soigneusement tout débat autour des « accompagnants sexuels », certaines associations françaises et étrangères1 militent d’ores et déjà pour l’accompagnement des personnes en situation de handicap vers