Cet article a été publié dans le cadre du dossier « - Travailleurs des plateformes : la parole des organisations professionnelles - » du Bulletin Joly Travail.
Le modèle de flexibilité responsable développé par le secteur du travail temporaire se heurte à la concurrence frontale de certaines plateformes digitales qui, sous couvert de la modernité technologique de leur modèle et de l’utilisation fallacieuse du statut de micro-entrepreneur, ne respectent pas le cadre juridique et éthique du travail temporaire. Prism’emploi, l’organisation professionnelle des entreprises de recrutement et d’intérim, alerte, comme le font les auteurs des récents rapports dits Frouin et Brunet, sur la confusion induite par la notion faussement homogène de « plateformes ». En effet, ces dernières développent des activités très diverses, n’hésitant pas à contourner certaines règlementations sectorielles et s’exposant ainsi à des accusations de fraude à la loi. Dans ces conditions, la question du statut adapté à la situation de certains de ces nouveaux travailleurs des plateformes est à juste titre devenue centrale. Dressant l’analogie avec la manière dont le débat s’est engagé sur la question du détachement de travailleur dans l’Union européenne, l’article souligne le risque de voir se développer l’ubérisation du travail dans une logique de prédation de systèmes sociaux dont la soutenabilité repose