Doit être cassé pour manque de base légale l’arrêt dans lequel, pour condamner une SARL à indemniser la révocation sans juste motif de son gérant, les juges du fond n’ont pas vérifié si les malversations reprochées à un salarié délégataire de signature auraient pu être évitées par la mise en place, par le gérant, d’un système de contrôle plus efficace et dont l’absence constituerait précisément une faute de gestion justifiant la révocation de ce dernier (C. com., art. L. 223-25).
Cass. com., 9 févr. 2022, no 20-14476, SARL Aldi, F–D
Extrait :
Faits et procédure
2. Selon l’arrêt attaqué (Grenoble, 16 janvier 2020) et les productions, M. U. a été, le 8 juin 2006, nommé gérant de la SARL Aldi marché ayant pour associé unique la société Aldi. Un certain nombre de collaborateurs étaient placés sous son autorité, dont un responsable du développement, M. G., chargé de rechercher des opportunités d’ouverture de nouveaux magasins et d’assurer le suivi de ces ouvertures.
3. À la suite de la découverte de malversations commises au préjudice de la société Aldi marché par M. G., ce dernier a été licencié pour faute lourde le 23 septembre 2014 et M. U. s’est vu notifier sa révocation sans indemnité le 6 octobre 2014.
4. Soutenant que cette révocation était intervenue sans juste motif, M. U. a