La Cour de cassation traite, pour la première fois depuis l’adoption de la loi de 2018, de la combinaison du secret des affaires avec les mesures d’instruction de l’article 145 du Code de procédure civile. La haute juridiction y applique des critères relativement classiques mais elle opère un contrôle de proportionnalité qui consacre le droit au secret des affaires au rang de droit fondamental et qui s’avère relativement lourd.
Cass. 2e civ., 10 juin 2021, no 20-11987, ECLI:FR:CCASS:2021:C200584, F–P
Extrait :
Faits et procédure
1. Selon l’arrêt attaqué (Lyon, 3 décembre 2019), se plaignant de faits de concurrence déloyale et de dénigrement sur internet, la société Neovia a saisi le président d’un tribunal de commerce de sept requêtes identiques sur le fondement de l’article 145 du Code de procédure civile à fin de voir ordonner des mesures d’instruction au siège social de plusieurs sociétés, dont ceux des sociétés Thébaide et X.
2. Ces requêtes ont été accueillies par deux ordonnances du 28 septembre 2018 qui ont constitué l’huissier de justice séquestre des documents appréhendés et ont prévu qu’il ne pourra être mis fin au séquestre que par une décision de justice contradictoire l’autorisant à remettre les documents saisis. Les mesures d’instruction ont été exécutées le 8 octobre 2018.
3. Les sociétés