La Cour de cassation se prononce sur les circonstances de la révocation du mandat social d’un dirigeant de filiale, préalablement mis à pied, puis licencié par la société mère qui l’employait, jugeant la révocation brutale et dépourvue de juste motif. L’arrêt est une illustration des difficultés nombreuses que suscite la figure du contrat de travail dont l’objet est l’exercice d’un mandat social au sein d’une ou plusieurs filiales.
Cass. com., 9 janv. 2019, no 17-28957, ECLI:FR:CCASS:2019:CO00098, SAS Delubac AM, F-D
Extrait :
Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 21 septembre 2017), que MM. F. et C. étaient salariés de la société Banque Delubac et Cie et, respectivement, le premier, président du directoire et le second, directeur général et membre du directoire de la société de gestion du groupe, la société anonyme Delubac Asset Management (la société Delubac AM) ; qu’ils ont été convoqués à un entretien préalable en vue de leur licenciement le 29 novembre 2011, avec mise à pied conservatoire, puis licenciés pour faute le 7 décembre 2011 ; que le 22 décembre 2011, le conseil de surveillance a décidé leur révocation ; que leur reprochant des fautes de gestion dans l’accomplissement de leurs mandats, la société Delubac AM les a assignés en réparation de son préjudice ; que MM. F. et C. ont reconventionnellement demandé des dommages-intérêts pour