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Bulletin Joly Entreprises en difficulté

N° 2 - 28 mars 2025

La situation particulière de certaines personnes morales confrontées aux procédures collectives : sociétés civiles, SNC et GIE en difficulté

28 mars 2025

Bulletin Joly Entreprises en difficulté

  • Réf : BJE mars 2025, n° BJE201x9 Copier la référence
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Auteur(s)

Maud Laroche
Agrégée des facultés de droit, professeur à l'université Paris Nanterre, membre du CEDCACE, UR 3457

Thématique(s)

Auteur(s)

Maud Laroche
Agrégée des facultés de droit, professeur à l'université Paris Nanterre, membre du CEDCACE, UR 3457

La procédure collective prend peu en compte les particularités des personnes morales à caractère personnel, particulièrement le risque illimité qu’assument les associés et la transparence qui, par suite, devrait régir l’organisation sociale. En conséquence, les créanciers et associés sont contraints à des adaptations complexes.

Depuis que l’ouverture d’une procédure collective ne produit plus d’effet individuel à l’égard des membres ou associés « indéfiniment et solidairement responsables du passif social »1, le droit des entreprises en difficulté ne prévoit plus guère de règles spéciales aux personnes morales à caractère personnel – société civile (SC), société en nom collectif (SNC) et groupement d’intérêt économique (GIE). Il faut alors s’interroger sur les modalités de mise en œuvre de leur caractéristique commune : l’engagement indéfini2 de leurs membres – auxquels la jurisprudence dénie pourtant la qualité de coobligés3 – aux pertes et, subsidiairement, aux dettes.

Il apparaît que l’organisation élaborée par les règles sociales est mise à mal : la mise en œuvre de l’engagement indéfini est contrariée, tandis que l’autonomie de la personne morale est renforcée.

I – Contrainte sur l’engagement indéfini

La contribution aux pertes suppose la dissolution du groupement4, qui n’intervient qu’à la clôture de la procédure de