Cour de cassation, chambre commerciale13 févr. 1996, no93-20878
Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :
Vu les articles 885 S et 761 du Code général des impôts ;
Attendu, selon le jugement attaqué, que M. Fleury a évalué, dans la déclaration de son patrimoine soumis à l'impôt sur les grandes fortunes, l'appartement qu'il occupait avec son épouse, en prenant en considération cette situation de fait ; que l'administration des impôts a procédé à un redressement, fondé sur une valeur de l'immeuble libre d'occupation ; que le tribunal a rejeté l'opposition de M. Fleury à l'avis de mise en recouvrement des droits complémentaires estimés dus ;
Attendu que pour statuer ainsi qu'il l'a fait, le jugement a retenu que si l'appartement est occupé à titre de résidence principale par son propriétaire et sa famille, mais non par un tiers titulaire d'un engagement de location, il doit être considéré comme libre ; qu'une telle occupation ne modifie pas l'étendue des droits de propriété de M. Fleury et donc la valeur marchande du bien ; qu'il n'existe, en effet, aucun obstacle juridique à ce que le propriétaire puisse vendre ce bien à un acquéreur éventuel, sans que les dispositions protectrices du logement familial prévues à l'article 215 du Code civil modifient cette situation et le caractère de bien libre ;
Attendu qu'en statuant ainsi, alors qu'en l'état de fait relevé par le jugement, le bien était