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L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

N° 07 - 1 juil. 2023

Le consentement donné à l'adoption plénière de son enfant par la mère biologique en faveur de son épouse, dont elle n'est pas encore divorcée, n'est pas limité dans le temps

1 juil. 2023

L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

  • Réf : LEFP juill. 2023, n° DFP201p8 Copier la référence
  • id : DFP201p8 Copier l'id

Auteur(s)

Annick Batteur
Professeure émérite à l'université de Caen Normandie

Thématique(s)

Auteur(s)

Annick Batteur
Professeure émérite à l'université de Caen Normandie

« La cour d’appel a constaté qu’il avait été interjeté appel du jugement de divorce rendu (…) et que celui-ci était pendant, ce dont il se déduit que Mme [T] et Mme [L] étaient encore unies par les liens du mariage au moment où elle a statué. (…) Il en résulte que les conditions légales de l’adoption de l’enfant du conjoint étaient réunies au moment où la cour d’appel s’est prononcée. »

Position bien rigoureuse mais irréprochable que celle adoptée par la Cour de cassation ! Elle appelle la plus grande attention des notaires, qui se doivent d’informer leur client sur la difficulté de remettre en cause le consentement donné à l’adoption plénière.

Deux femmes, Mmes L. et T., se marient le 29 août 2015. Le 19 janvier 2016, Mme L. donne naissance à un enfant. Le 18 février, elle consent à l’adoption plénière de son enfant par son épouse. Le 28 avril, Mme T. sollicite le prononcé de l’adoption plénière de l’enfant à laquelle sa mère a consenti. Moins de cinq mois après, la mère de l’enfant dépose une requête en divorce. Le 19 octobre, elle adresse un courrier de rétractation de son consentement à l’adoption au parquet civil du tribunal de grande instance de Bordeaux. Le 17 janvier 2017, son épouse se désiste de l’instance en adoption mais elle