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L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

N° 06 - 1 juin 2021

Audition de l'enfant en justice : l'audition est de droit lorsque le mineur en fait la demande

1 juin 2021

L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

  • Réf : LEFP juin 2021, n° 200d4, p. 5 Copier la référence
  • id : DFP200d4 Copier l'id

Auteur(s)

Jean-Jacques Lemouland
Professeur à l'université de Pau et des Pays de l'Adour

Thématique(s)

Auteur(s)

Jean-Jacques Lemouland
Professeur à l'université de Pau et des Pays de l'Adour

« (…) lorsque la demande d’audition est formée par le mineur, le refus ne peut être fondé que sur son absence de discernement ou sur le fait que la procédure ne le concerne pas. Pour rejeter la demande d’audition du mineur, l’arrêt retient que l’audition a été refusée en raison du manque de discernement de l’enfant et afin de préserver ce dernier de tout conflit parental (…) sans expliquer en quoi celui-ci n’était pas capable de discernement (…) ».

En l’espèce, la mère de l’enfant avait assigné le père, afin d’être autorisée à poursuivre les soins d’orthodontie de l’enfant et à prendre seule toute décision médicale. L’enfant âgé de 9 ans a demandé à être entendu. La demande peut être présentée sans forme, en tout état de la procédure et même pour la première fois en appel (CPC, art. 338-2). Le juge a refusé l’audition « en raison du manque de discernement de l’enfant et afin de préserver ce dernier de tout conflit parental ». Le père a formé un pourvoi en soutenant que le juge n’avait pas caractérisé en quoi l’enfant, dès l’âge de 9 ans (et plus tard dans la procédure), aurait manqué de discernement. La Cour de cassation reçoit l’argument et casse l’arrêt d’appel pour manque de base légale, sous le visa des articles 388-1 du Code civil et 338-4 du Code