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L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

N° 08 - 1 sept. 2018

L'inadéquation du rattachement à la loi nationale de la mère au jour de la naissance de l'enfant en matière d'établissement de la filiation

1 sept. 2018

L'ESSENTIEL Droit de la famille et des personnes

  • Réf : LEFP sept. 2018, n° 111n7, p. 7 Copier la référence
  • id : DFP111n7 Copier l'id

Auteur(s)

Armelle Gosselin-Gorand
Maître de conférences à l'université de Caen Normandie

Thématique(s)

Auteur(s)

Armelle Gosselin-Gorand
Maître de conférences à l'université de Caen Normandie

Vu l’article 311-14 du Code civil, ensemble l’article 3 du même code ; attendu qu’aux termes du premier de ces textes, la filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l’enfant ; que, selon le second, il incombe au juge français, pour les droits indisponibles, de mettre en application la règle de conflit de lois et de rechercher le droit étranger compétent.

Cass. 1re civ., 24 mai 2018, no 16-21163, ECLI:FR:CCASS:2018:C100556

Rendue aux visas des articles 311-14 et 3 du Code civil, cette décision réaffirme que le juge a l’obligation d’appliquer la règle de conflit de lois lorsque les droits sont indisponibles conformément à l’arrêt Bélaïd du 26 mai 1999 (Cass. 1re civ., 26 mai 1999, n° 97-16684), lequel concernait déjà la filiation ; elle rappelle aussi que dès lors qu’il s’agit d’une question relative à cette matière, la règle de conflit générale posée par le législateur lors de la réforme de 1972 désigne la loi nationale de la mère au jour de la naissance de l’enfant. C’est une solution classique dont la publication montre cependant qu’il est important de réitérer l’exigence du raisonnement internationaliste tant les juges du fond ont souvent tendance à l’occulter. Une enfant avait été inscrite à l’état civil comme étant née en France d’une mère et de son époux. Une action en