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L'ESSENTIEL Droit de la distribution et de la concurrence

N° 10 - 1 nov. 2023

Compétence juridictionnelle en matière de pratiques restrictives de concurrence : la Cour de cassation tente de remettre de l'ordre

1 nov. 2023

L'ESSENTIEL Droit de la distribution et de la concurrence

  • Réf : LEDICO nov. 2023, n° DDC201w1 Copier la référence
  • id : DDC201w1 Copier l'id

Auteur(s)

Clément Bizet
Docteur en droit, collaborateur, Hannotin Avocats

Thématique(s)

Auteur(s)

Clément Bizet
Docteur en droit, collaborateur, Hannotin Avocats

Au moyen d’un revirement soigneusement motivé, la Cour de cassation rétablit un peu de cohérence sur le terrain de la sanction des règles réservant compétence à certaines juridictions pour connaître du contentieux des pratiques restrictives de concurrence.

Bien que ce choix soit, depuis sa consécration, largement discuté, l’application de l’article L. 442-1 du Code de commerce (ancien article L. 442-6) demeure réservée à seize tribunaux, judiciaires et de commerce, sous contrôle, au second degré, de la seule cour d’appel de Paris (v. C. com., art. L. 442-4 ; C. com., art. D. 442-2 ; C. com., art D. 442-3 et annexes 4-2-1 et 4-2-2 du même code).

Attisant les critiques, la Cour de cassation jugeait, depuis 2013, que la saisine d’une juridiction ordinaire, non spécialisée, était cause d’irrecevabilité au motif qu’une fin de non-recevoir – et non une exception de procédure – que le juge devait relever d’office (Cass. com., 31 mars 2015, n° 14-10016) venait sanctionner le défaut de pouvoir – et non l’incompétence – d’une telle juridiction.

Les conséquences pour le justiciable mal orienté étaient radicales : la demande déclarée irrecevable n’interrompt pas le délai de prescription (contrairement à la saisine d’une juridiction