Ce ne sont pas les faits de harcèlement moral commis sur un salarié antérieurement à la cession du contrôle de la société qui l’emploie qui sont à l’origine de son licenciement illicite mais la seule décision de son employeur de mettre fin à son contrat de travail après cette cession, justifiant dès lors que la garantie de passif couvrant la gestion sociale jusqu’au jour du changement de contrôle ne puisse être valablement appelée.
Cass. com., 2 déc. 2020, no 18-11336, ECLI:FR:CCASS:2020:CO00732, Sté Segula, F–D
Extrait :
Faits et procédure
1. Selon l'arrêt attaqué (Paris, 17 novembre 2017) et les productions, M. O. et MM. G. et V. H. ont, par un acte du 14 février 2008, cédé à la société Groupe Segula technologies, devenue la société Segula technologies (la société Segula), l'intégralité des parts qu'ils détenaient dans le capital de la société Mapsys et de ses filiales. M. G. H. a consenti le même jour une garantie d'actif et de passif à la société Segula.
2. Le 25 avril 2008, l'un des salariés de la société Mapsys, M. F., qui était en arrêt de travail à la date de la cession des titres, a été licencié après que le médecin du travail l'eut déclaré définitivement inapte à exercer tout poste dans l'entreprise. Par un arrêt du 27 mars 2014, une cour d'appel a prononcé la nullité de ce licenciement au motif que